Grande-Terre : la côte sud balnéaire, de Gosier à Saint-François
La côte sud de Grande-Terre concentre l'essentiel de l'offre balnéaire de l'archipel : trois communes qui se touchent, Le Gosier, Sainte-Anne et Saint-François, et une suite de lagons fermés par la barrière de corail. D'une plage à l'autre, ce ne sont pourtant ni la même eau, ni le même accès, ni les mêmes services. Voici ce qui distingue chaque étape, et ce qu'il faut vérifier avant de choisir.
Une île calcaire, un littoral de lagons
Grande-Terre couvre environ 590 kilomètres carrés et forme avec Basse-Terre le papillon de l'archipel. Sa géologie n'a rien de commun avec celle de sa voisine : là où Basse-Terre est volcanique et couverte de forêt humide, Grande-Terre est un plateau calcaire, fait de mornes arrondis et de plaines cultivées. Le littoral sud en découle : plages larges, côte basse, et une route nationale qui longe la mer.
Sur la côte sud, la barrière de corail ferme largement le large et forme des lagons peu profonds au fond de sable clair. C'est ce qui donne cette eau turquoise et cette transparence, mais c'est aussi ce qui rend la baignade dépendante de deux choses : la hauteur d'eau sur le récif et l'état de la mer au-delà. Le même lagon peut être une piscine le matin et une eau chargée l'après-midi si le vent forcit.
Sur guadeloupe.net : les plages de Guadeloupe.
Le Gosier : la plage du bourg et son îlet
Le Gosier est la première commune balnéaire en sortant de Pointe-à-Pitre, et sa plage principale, la Datcha, se trouve en plein bourg : sable fin, vue directe sur l'îlet du Gosier et son phare, restaurants, snacks et food trucks juste derrière. C'est la plage la plus simple du secteur pour qui n'a pas de voiture, des bus desservant régulièrement la commune depuis Pointe-à-Pitre.
L'îlet se rejoint en navette maritime, pour une traversée de quelques minutes, ou à la nage pour des nageurs entraînés et par mer calme ; kayak et paddle font aussi le trajet. Sur place, l'eau reste basse longtemps et les fonds se découvrent masque et tuba en main. Le retour se cale sur les horaires des navettes, pas sur l'envie de rester.
La plage est surveillée en journée, surtout en haute saison, et un parking gratuit attend à proximité, avec des places qui partent vite. Au-dessus du bourg, le fort Fleur d'Épée, du dix-huitième siècle, offre un point de vue sur la baie. Le vendredi soir, le marché nocturne installé près de la plage change l'ambiance : produits du terroir, grillades, rhums arrangés et musique.
Sur guadeloupe.net : la page du Gosier.
Sainte-Anne : la Caravelle, le bourg et le marché
À une dizaine de kilomètres du Gosier par la route nationale qui file vers Saint-François, la plage de la Caravelle s'annonce par un panneau, juste après La Toubana et avant le bourg. L'anse est protégée par un récif, bordée de cocotiers, et reste publique même si elle jouxte un club de vacances. Le stationnement se fait sur un parking payant au bout du chemin, ou le long de la route.
La plage n'est pas surveillée en permanence, malgré la proximité de l'hôtel : c'est un point à intégrer si l'on vient avec de jeunes enfants, d'autant que le lagon se traverse à pied sur de longues distances avant de perdre pied. Depuis le bourg, on la rejoint en quinze à vingt minutes de marche, ce qui évite la question du stationnement.
Le bourg de Sainte-Anne a sa propre plage, à deux pas du marché, et un lagon peu profond qui se prête à la baignade familiale. Le marché, installé en bord de mer, est particulièrement animé le jeudi matin et le week-end : épices, rhums, fruits et artisanat. C'est aussi de là que partent la base nautique et le sentier du littoral, deux façons de quitter le sable sans reprendre la voiture.
Sur guadeloupe.net : la page de Sainte-Anne.
Bois Jolan : deux kilomètres de lagon
Quelques kilomètres après Sainte-Anne en direction de Saint-François, Bois Jolan étire environ deux kilomètres de sable blanc que les cocotiers et les raisiniers ombragent par plaques. Le lagon y est protégé par la barrière de corail, l'eau reste basse très loin du bord, et c'est l'un des points les plus tranquilles de la côte pour une baignade avec des enfants.
L'accès se fait depuis la route nationale par un chemin ; le stationnement devient difficile en haute saison et le week-end, et il vaut mieux y arriver tôt. Quelques petits établissements de bord de mer y servent poisson et fruits de mer. Le sentier du littoral relie les plages du bourg de Sainte-Anne à Bois Jolan, puis continue vers l'est : c'est la manière la plus agréable d'enchaîner deux plages sans reprendre la voiture.
Saint-François : marina, Raisins Clairs et port de pêche
À l'extrémité sud-est de Grande-Terre, à environ quarante-cinq minutes de route de Pointe-à-Pitre, Saint-François change de registre. La marina occupe le cœur de la ville, avec ses voiliers à quai, ses restaurants et ses boutiques, et l'on y flâne surtout en fin de journée, quand la lumière tombe sur les mâts.
La plage des Raisins Clairs, elle, est protégée par une barrière et bordée de raisiniers qui font de l'ombre ; des parkings se trouvent à proximité immédiate, et des food trucks s'y installent. L'eau y est peu profonde, ce qui explique qu'on y voie autant de familles que d'habitués venus nager le matin.
Plus à l'est, le port de pêche et ses barques colorées rappellent l'origine du bourg. C'est aussi de Saint-François que partent les bateaux vers Petite-Terre, réserve naturelle, et vers La Désirade. La Pointe des Châteaux, à quelques kilomètres, se mérite par un sentier balisé de quinze à vingt minutes jusqu'à la croix : elle vaut sa propre sortie plutôt qu'un détour entre deux baignades.
Sur guadeloupe.net : la page de Saint-François.
Sargasses, vent et saison : ce qu'on vérifie avant de partir
Météo-France publie pour la Guadeloupe un bulletin de prévision d'échouement des sargasses pélagiques, avec des cartes de risque par secteur. C'est la première chose à regarder avant de choisir une plage : une portion propre la veille peut être couverte le lendemain, et l'inverse est vrai aussi.
Le vent compte autant que les algues. La côte sud est balayée par les alizés, et c'est ce qui rend l'air respirable et l'eau claire le matin ; quand il forcit, les lagons se chargent et la mer blanchit au-dessus du récif. Les bulletins marins de Météo-France, côtiers et large, donnent l'état de la mer attendu.
Reste la saison : de décembre à avril, la période sèche offre le plus de jours de beau temps ; de juin à novembre, les averses sont plus fréquentes et la saison cyclonique s'installe d'août à octobre. Cela ne condamne pas un séjour sur la côte sud, où l'on se baigne toute l'année, mais cela impose de garder une journée de repli et de ne pas figer un programme de plages une semaine à l'avance.
Pour enchaîner, la voiture reste le moyen le plus simple : la Datcha au Gosier, la Caravelle à Sainte-Anne et les Raisins Clairs à Saint-François sont sur le même axe, et l'on passe de l'une à l'autre en une matinée. Les bus desservent Le Gosier et Sainte-Anne depuis Pointe-à-Pitre, beaucoup moins bien les plages excentrées. Arriver tôt règle à la fois le stationnement et la lumière ; rester jusqu'au soir vaut pour la marina de Saint-François.